dimanche 21 septembre 2008

six feet under


si le titre est trompeur pour tous les fans de la série télé, c'est bien loin d'être une déception pour moi. en fait le titre original est going under.

si les "gros" lecteurs vont froncer du nez en voyant la marque de l'éditeur fleuve noir et penser san antonio, adaptation de buffy et gossip girls, dommage pour eux, ils vont passer à côté d'un vrai bon roman.

en gros: un bon gars plus très jeune dans une bonne petite ville ouvrière dont les fondements vont vaciller suite à l'annonce de la délocalisation en inde de l'usine principale. notre copain décide, en signe de protestation, de s'enterrer vivant au fond de son jardin et n'en sortira que quand les décideurs accepteront de parlementer et de prendre en compte son personnel et non plus seulement leurs intérêts financiers. la surprise de son entourage passée, tout le monde y croit, le soutient et on flotte dans une douce euphorie. mais ironie du sort, les patrons de l'usine s'en foutent. que c'est bizarre.
comment va-t-il se sortir de cette situation sans se couvrir de ridicule?
je ne vous le dis pas, ce ne serait pas drôle.

tout en subtilité, sur le ton de l'humour et moults situations burlesques, ray french, l'auteur nous parle de crise sociale et de solidarité bien sûr, d'amitié et de liens familiaux sans aucun doute, mais c'est la transformation d'un homme qui ne s'était jamais remis en question de sa vie qui m'a plu. presque un roman d'apprentissage sur le tard. plein d'humanité.

et de bons sentiments penserez-vous en ricanant, en essuyant une fausse larme.
et bien oui, mais pourquoi pas, ça me fait du bien, à moi. j'ai pas besoin de douleur et de gifle littéraire en ce moment. mais d'un bon roman dans lequel me plonger, avec des personnages vivants, sympas et fragiles. qui ne savent pas toujours où ils vont et qui sont au prise du doute.
tout en sachant très bien, que, quand même, tout va bien se terminer...



dans le même esprit réconfortant et confortable, j'ai lu (accrochez vous bien) les charmes discrets de la vie conjugale de douglas kennedy. et ben, j'ai passé un super moment, j'ai trouvé ça très finement amené et efficace. na.

5 commentaires:

Nadia a dit…

Bon alors....comment dire? well done, dans un premier temps. Les deux sont vendus. Et puis aussi: c'est que t'en parle vachement bien. Et que tu devrais le faire plus souvent. Mais vraiment plus souvent...si tu vois ce que je veux dire. C'est un exercice qui te va très bien....et comme c'est bien de savoir que vraiment tu ne dis pas n'importe quoi.(enfin, pas tout le temps, parce que sinon....je ne pourrai pas parfois délivrer mes accusés de réception avec du retard...) Parce que si ce que tu dis est tout simple, c'est surtout très intelligent.
Alors, merci.
ah, non, je n'ai pas fini. Moi non plus je ne veux pas larmes.
Et moi aussi j'ai envie de vivre, oups, de lire des bons sentiments.
Pour faire un peu comme quand je mange des crocodiles...

sun a dit…

t'es trop mignonne :-)
je suis pas sûre de parler si bien que ça des livres. enfin, je veux dire que j'en parle surement mieux avec ma voix que j'écris avec mon clavier.
(j'embrouille mieux les gens, ils se souviennent que de l'enthousiasme et pas du fait que j'ai 0,5 argument)
mais tu peux me dire que mes propos sont intelligents, j'adore!

quand tu manges des crocodiles, t'avales les larmes avec, c'est ça? :-)

tiou a dit…

Ah, le bon vieux thème des ressources telluriques ! Un monde qui disparait, qui s'écroule sous nos yeux. Alors on s'enterre comme on enterre nos morts; on se réfugie dans nos chimères souterraines, Antées postmodernes dans l'espoir d'une renaissance. On attend de la terre nourricière qu'elle transforme la carcasse putréfiée de nos désillusions en un compost vivificateur sur lequel pourront pousser de nouveau nos anciennes rêveries.

Six pieds sous terre, donc, le héros demande l’asile politique aux puissances chtoniennes : aurait-il oublié, ce candide, que c’est justement dans ces abîmes que gisent nos plus sombres cauchemars ? Que c’est là, au fond d’un gouffre creusé un peu plus profond, chaque nuit, par une pioche forgée de nos songes amers, que bouillonnent les feux d’un enfer qui est notre, bien avant d'être du aux autres ?

PS : il est temps que je finisse mon mémoire, j'ai le ciboulot qui part en sucette, comme en témoignent les propos ci-dessus.

sun a dit…

jolie prose tiou!
j'espère que tu es aussi lyrique dans ton mémoire :-)
j'avais pas pensé à tout ça en lisant je dois dire, à croire que j'ai rien écouté à ce que tu as pu me raconter ces derniers temps :-p

Nadia a dit…

mais ça voudrait donc dire que Tiou n'a pas fini son mémoire......
Mais si tu écris des choses pareilles tant que tu ne l'as pas terminé, alors ne le termine jamais. Ce que tu dis est terriblement juste.
Et Sundy, voui, pour les crocodiles et les larmes, et je savais que tu accuserais réception à cet endroit là..........